
Le superviseur régional a rendu 71 décisions de sanction en 2025 pour l'ensemble de l'Union monétaire ouest-africaine. La Côte d'Ivoire en concentre 20, le Sénégal 11 et le Bénin 10. Le Burkina, le Mali et le Togo en comptent huit chacun, le Niger six. Sur les cinq derniers exercices, ce nombre annuel oscille entre 24 et 71, pour une moyenne de 44.
Au Sénégal, les décisions se répartissent en quatre blâmes, deux avertissements et cinq sanctions pécuniaires. Huit visent des établissements de crédit, deux un émetteur de monnaie électronique et une une institution de microfinance.
| Type de sanction | Établissements de crédit | Microfinance | Monnaie électronique | Total |
|---|---|---|---|---|
| Blâme | 3 | 1 | 0 | 4 |
| Avertissement | 1 | 0 | 1 | 2 |
| Sanction pécuniaire | 4 | 0 | 1 | 5 |
| Total | 8 | 1 | 2 | 11 |
La Commission a pris ces décisions après avoir convoqué et entendu les dirigeants concernés, en application des articles 31 et 32 de l'annexe à la convention qui la régit.
📘 Pour comprendre : blâme, avertissement, sanction pécuniaire
Le superviseur dispose d'une échelle graduée. L'avertissement est le rappel à l'ordre le plus léger. Le blâme est une sanction disciplinaire plus sévère, inscrite au dossier de l'établissement. La sanction pécuniaire est une amende, qui peut s'ajouter à l'une des deux premières.
Concrètement : un établissement dont le dispositif anti-blanchiment s'est dégradé peut recevoir un blâme et une amende pour les mêmes faits.
Pourquoi ça compte : ces décisions alimentent la notation interne que la Commission attribue à chaque établissement. Cette notation détermine ensuite la fréquence des contrôles qu'il subira.
Six injonctions, et ce que le superviseur exige
La Commission bancaire de l'UMOA a doublé son recours à l'injonction en 2025 : 40 contre 20 en 2024, auxquelles s'ajoute une mise en garde. Le Sénégal en reçoit six, adressées à quatre établissements de crédit, une institution de microfinance et un émetteur de monnaie électronique.
Ces mises en demeure portent sur cinq exigences, énumérées dans le rapport : le respect des règles de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, le renforcement du contrôle interne, l'application intégrale des prescriptions de gestion des risques, la mise en conformité de l'organe délibérant avec les règles de gouvernance, et le respect des normes prudentielles, en particulier la représentation du capital social minimum par les fonds propres de base.
L'injonction n'est pas une sanction. C'est un ordre de correction assorti d'un délai, dont l'inexécution expose ensuite l'établissement à une procédure disciplinaire.
Un blâme pour la microfinance, 36 contrôles sur place
Le secteur sénégalais de la microfinance a reçu une seule décision de sanction en 2025, un blâme. Il en avait reçu quatre en 2024 : deux blâmes et deux amendes, d'après le rapport annuel 2024 de la Commission.
L'effort de contrôle, lui, s'est intensifié. Sur les 82 missions de vérification sur place menées dans l'Union en 2025, 36 ont porté sur des institutions de microfinance de grande taille, réparties en 22 vérifications globales et 14 vérifications ciblées. Le programme prévoyait 80 missions tous types d'établissements confondus.
La Commission a par ailleurs placé deux institutions de microfinance sous surveillance rapprochée. Elle a prorogé le mandat des administrateurs provisoires de trois autres, au Burkina, en Côte d'Ivoire et au Mali, et validé le remplacement d'un administrateur provisoire au Burkina.
Qui surveille les institutions de microfinance au Sénégal ?
Deux autorités se partagent la tâche, selon la taille de l'établissement. La Commission bancaire contrôle les institutions dont l'encours de dépôts ou de crédits atteint 2 milliards de FCFA au terme de deux exercices consécutifs. En dessous de ce seuil, la supervision revient au ministère chargé des Finances.
Au 31 décembre 2025, 81 institutions sénégalaises franchissaient ce seuil. Sept sont des sociétés, 74 des mutuelles ou coopératives d'épargne et de crédit.
📘 Pour comprendre : SFD, IMF, EMF
Le rapport 2024 employait le sigle SFD, pour systèmes financiers décentralisés. Le rapport 2025 emploie IMF, pour institutions de microfinance. Les deux désignent la même réalité en zone UEMOA.
À ne pas confondre : les EMF de la zone CEMAC, qui relèvent d'un autre régulateur, la COBAC, et d'un autre corpus de textes.
81 institutions, premier contingent de l'Union
L'Union comptait 293 institutions de microfinance de grande taille au 31 décembre 2025, huit de plus qu'un an plus tôt. Le Sénégal en héberge 81, devant le Burkina (50), le Togo (47), la Côte d'Ivoire (43), le Bénin (42), le Mali (26) et le Niger (4).
Leur bilan cumulé atteint 1 234,3 milliards de FCFA, soit 26,5 % du total de l'Union. C'est la première part de la zone, devant la Côte d'Ivoire. Elles gèrent 2 276 610 comptes, en hausse de 15,2 % sur un an, la plus forte progression des sept pays concernés.
Le meilleur portefeuille de la zone, sous la norme de capitalisation
Le taux brut de dégradation du portefeuille des institutions sénégalaises s'établit à 3,0 % à fin 2025, le plus bas de l'Union. Suivent le Bénin (5,3 %), le Mali (6,2 %), la Côte d'Ivoire (6,3 %), le Burkina (6,4 %), le Niger (6,8 %) et le Togo (8,8 %).
Leur ratio de capitalisation ressort en revanche à 14,5 %, pour une norme fixée à 15 % minimum. Seul le Togo dépasse ce seuil, à 15,1 %. La moyenne de l'Union est tombée à 9,4 %, contre 13,0 % un an plus tôt. Sur les 293 institutions de grande taille, 149 respectent la norme, soit 50,9 % des déclarants contre 53,8 % en 2024.
📘 Pour comprendre : le ratio de capitalisation
Ce ratio rapporte les fonds propres d'une institution au total de ses actifs. Il mesure sa capacité à absorber des pertes sans entamer l'épargne de ses membres. Il joue le rôle que tient le ratio de solvabilité chez les banques.
Concrètement : une institution à 14,5 % dispose d'environ 14 500 FCFA de fonds propres pour 100 000 FCFA d'actifs. La norme communautaire en exige 15 000.
Pourquoi ça compte : c'est le premier rempart entre un incident de crédit et l'épargne déposée. Un ratio durablement sous la norme impose de recapitaliser ou de ralentir la croissance.
Douze réclamations de clients sénégalais
Les clients d'établissements sénégalais ont adressé 12 réclamations à la Commission bancaire en 2025, contre 10 en 2024. L'Union en a enregistré 101, dont 80 venues de Côte d'Ivoire.
Deux tiers des dossiers instruits ont été tranchés en faveur du réclamant, contre 69,2 % un an plus tôt. À l'échelle de l'Union, les griefs portent d'abord sur les virements et prélèvements, la gestion de compte et les moyens de paiement. Les opérations de crédit arrivent ensuite, avec onze réclamations.
Le dispositif de traitement des réclamations existe depuis 2020. Il est ouvert à tout client d'un établissement soumis au contrôle de la Commission bancaire, institutions de microfinance de grande taille comprises.
Les chiffres clés à retenir
| Indicateur | Valeur | Date | Source |
|---|---|---|---|
| Sanctions visant le Sénégal | 11 décisions | 2025 | Rapport annuel 2025 de la Commission Bancaire |
| Dont microfinance | 1 blâme | 2025 | Rapport annuel 2025 de la Commission Bancaire |
| Injonctions reçues par le Sénégal | 6 sur 40 | 2025 | Rapport annuel 2025 de la Commission Bancaire |
| IMF de grande taille au Sénégal | 81 sur 293 | 31/12/2025 | Rapport annuel 2025 de la Commission Bancaire |
| Bilan cumulé des IMF sénégalaises | 1 234,3 milliards FCFA | 31/12/2025 | Rapport annuel 2025 de la Commission Bancaire |
| Comptes gérés | 2 276 610, en hausse de 15,2 % | 31/12/2025 | Rapport annuel 2025 de la Commission Bancaire |
| Taux brut de dégradation du portefeuille | 3,0 % | 31/12/2025 | Rapport annuel 2025 de la Commission Bancaire |
| Ratio de capitalisation | 14,5 % pour une norme de 15 % | 31/12/2025 | Rapport annuel 2025 de la Commission Bancaire |
Questions fréquentes
Quels établissements sénégalais ont été sanctionnés en 2025 ?
Les noms ne sont pas rendus publics. Sur les 71 décisions prononcées dans l'Union, 18 ont été publiées, toutes sous forme anonyme, indique le rapport annuel 2025. Les textes publiés figurent au registre des décisions de la Commission bancaire.
Une sanction met-elle mon épargne en danger ?
Une sanction n'est pas une fermeture. Un blâme ou une amende signale un manquement réglementaire, souvent en matière de contrôle interne ou de conformité, et impose une correction. Les mesures qui touchent directement l'activité, comme l'administration provisoire ou le retrait d'agrément, relèvent de décisions distinctes.
Toutes les institutions de microfinance sont-elles contrôlées par la Commission bancaire ?
Non. Elle contrôle celles dont l'encours de dépôts ou de crédits atteint 2 milliards de FCFA sur deux exercices consécutifs, soit 81 institutions au Sénégal à fin 2025. Les autres relèvent du ministère chargé des Finances.
Combien la microfinance sénégalaise pèse-t-elle dans l'Union ?
Ses institutions de grande taille totalisent 1 234,3 milliards de FCFA de bilan à fin 2025, soit 26,5 % du total de l'UMOA. C'est la première part de la zone, devant la Côte d'Ivoire, et elle repose sur 2 276 610 comptes.

À propos de l'auteur
Diplômé en économie et finances internationales, je suis convaincu que la microfinance est un fort levier de développement pour le continent africain s'il est bien maîtrisé. J'ai donc décidé de contribuer à sa vulgarisation.
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