Microfin Times
Métriques

Taux de couverture du risque

Proportion des risques portés qui est couverte par les fonds propres. En zone CEMAC, c'est un ratio prudentiel obligatoire, pas un simple indicateur.

Contrairement à la plupart des métriques de cette famille, celle-ci est une obligation réglementaire. Le superviseur en fixe le niveau minimal et en contrôle le respect ; un établissement qui passe sous le seuil s'expose à des mesures pouvant aller jusqu'au retrait d'agrément.

Le seuil dépend de la catégorie, et cette différence a une logique : plus un établissement manipule l'épargne de tiers, plus l'exigence est forte. Une coopérative qui ne travaille qu'avec ses membres est tenue à 15 %, un établissement collectant l'épargne du public à 25 %.

Le mécanisme fonctionne comme une limite d'expansion. Puisque les risques portés ne peuvent excéder un multiple des fonds propres, un établissement ne peut pas prêter indéfiniment sans renforcer son capital. Le ratio agit donc autant en frein à la croissance qu'en protection contre les pertes.

C'est l'un des rares chiffres qu'un épargnant peut relier directement à sa propre sécurité : il mesure ce qui se tient entre une vague de défauts et ses dépôts.

Le passage sous le seuil n'est pas un événement anodin : il déclenche des mesures graduées de la part du superviseur, du plan de redressement à l'administration provisoire. C'est souvent à ce moment, et non lors d'une fermeture, que la situation devient publiquement visible.

Un point à ne pas confondre : ce coefficient couvre les risques portés par l'établissement. Il ne constitue pas une garantie des dépôts et ne remplace pas un fonds de garantie, dispositif distinct qui n'existe pas partout dans la région.

Ce que le coefficient autorise à prêter

  • Un établissement de 2e catégorie dispose de 350 000 000 FCFA de fonds propres nets.
  • Le coefficient minimal applicable est de 25 %.
  • Les risques pondérés qu'il peut porter sont donc plafonnés à quatre fois ses fonds propres.

Pour dépasser ce plafond et continuer à prêter, l'établissement doit augmenter son capital. C'est ce lien mécanique entre capital et volume de crédit qui protège les déposants d'une expansion non maîtrisée.

Comment ça se calcule

Coefficient de couverture = fonds propres nets / risques pondérés

fonds propres nets
capital et réserves, après déduction des éléments non éligibles
risques pondérés
engagements de l'établissement, affectés d'un coefficient selon leur nature
  • Le minimum est de 15 % en 1re catégorie et de 25 % en 2e catégorie, selon le règlement COBAC EMF R-2017-03.
  • Un coefficient de 25 % signifie que les risques portés ne peuvent excéder quatre fois les fonds propres nets.
  • Le respect du ratio est contrôlé en continu, et non une fois par an à la clôture des comptes.

Ce que dit la réglementation

Zone CEMAC · COBAC

Coefficient de couverture des risques fixé par le règlement COBAC EMF R-2017-03 : au moins 15 % en 1re catégorie, 25 % en 2e catégorie. Son respect est contrôlé en permanence par la COBAC.

Zone UEMOA · BCEAO

Cadre non encore sourcé par la rédaction. Si vous disposez d'une référence officielle, signalez-la nous.

Termes liés

Questions fréquentes

Quel est le coefficient de couverture des risques exigé en zone CEMAC ?
Le règlement COBAC EMF R-2017-03 fixe un minimum de 15 % pour les établissements de 1re catégorie, coopératives travaillant avec leurs seuls membres, et de 25 % pour ceux de 2e catégorie, qui collectent l'épargne du public. L'écart tient à l'exposition : plus l'épargne de tiers est en jeu, plus l'exigence est forte.
Que se passe-t-il si un établissement passe sous le seuil ?
Le superviseur dispose de mesures graduées, du plan de redressement imposé à la mise sous administration provisoire, et jusqu'au retrait d'agrément dans les cas les plus graves. Ces décisions sont publiques et constituent une information de premier ordre pour un épargnant.
Ce coefficient garantit-il mes dépôts ?
Non, ce sont deux choses distinctes. Le coefficient impose que les fonds propres couvrent une part des risques portés, ce qui protège les déposants en amont en limitant l'exposition de l'établissement. Une garantie des dépôts est un dispositif séparé, qui indemnise après défaillance et n'existe pas partout dans la région.
Oumarou Sanda

À propos de l'auteur

Diplômé en économie et finances internationales, je suis convaincu que la microfinance est un fort levier de développement pour le continent africain s'il est bien maîtrisé. J'ai donc décidé de contribuer à sa vulgarisation.