Microfin Times
Métriques

Encours de crédit

Total des crédits restant dus à un établissement à un instant donné, tous emprunteurs confondus.

L'encours mesure une photographie, pas un flux. Il ne dit pas combien l'établissement a prêté sur l'année, mais combien il lui reste à recouvrer aujourd'hui sur l'ensemble de ses clients.

La distinction avec les décaissements de la période est essentielle. Un établissement peut décaisser beaucoup tout en voyant son encours stagner, si les remboursements compensent les nouveaux crédits. Les deux chiffres racontent des histoires différentes et sont souvent confondus.

C'est le dénominateur de la plupart des indicateurs de risque de cette famille : le PAR30 et le taux de créances douteuses se calculent en proportion de l'encours, pas en valeur absolue.

Cette position de dénominateur en fait un levier d'affichage. Faire croître l'encours rapidement réduit mécaniquement tous les ratios de risque exprimés en pourcentage, sans qu'aucun impayé n'ait été résolu. C'est pourquoi une amélioration des ratios pendant une phase d'expansion doit être vérifiée en valeur absolue.

Sa croissance seule ne dit rien de bon ou de mauvais. Un encours qui progresse peut signaler une expansion saine ou un relâchement des critères d'octroi ; c'est en le croisant avec le PAR30 que le diagnostic devient possible.

L'encours brut se distingue enfin de l'encours net, obtenu après déduction des provisions. C'est le second qui approche la valeur réellement recouvrable du portefeuille, et l'écart entre les deux mesure la perte déjà anticipée.

Un ratio qui s'améliore sans qu'aucun impayé ne soit réglé

  • Année 1 : encours 100 000 000 FCFA, portefeuille à risque 6 000 000 FCFA, soit un PAR30 de 6 %.
  • Année 2 : l'établissement double son encours à 200 000 000 FCFA.
  • Le portefeuille à risque progresse aussi, à 8 000 000 FCFA.

Le PAR30 tombe à 4 % et paraît s'améliorer, alors que les impayés ont augmenté de 2 000 000 FCFA en valeur. Un ratio en pourcentage doit toujours être lu avec l'évolution de son dénominateur.

Ce que dit la réglementation

Zone CEMAC · COBAC

Notion comptable de base, sans définition prudentielle propre. Elle sert de référence au calcul des ratios de risque contrôlés par la COBAC.

Zone UEMOA · BCEAO

Cadre non encore sourcé par la rédaction. Si vous disposez d'une référence officielle, signalez-la nous.

Termes liés

Questions fréquentes

Quelle différence entre encours de crédit et montant des crédits accordés ?
L'encours est un stock à une date donnée : ce qui reste dû par l'ensemble des emprunteurs. Les crédits accordés sont un flux sur une période : ce qui a été décaissé. Un établissement peut décaisser beaucoup sans que son encours progresse, si les remboursements compensent les nouveaux crédits.
Une croissance de l'encours est-elle bon signe ?
Elle est ambiguë prise isolément. Elle peut traduire une expansion maîtrisée comme un relâchement des critères d'octroi. Croisez-la avec l'évolution du portefeuille à risque en valeur absolue et avec le coefficient de couverture des risques : prêter davantage sans renforcer les fonds propres dégrade la solidité.
Encours brut ou encours net, lequel regarder ?
L'encours net, obtenu après déduction des provisions, approche la valeur réellement recouvrable du portefeuille. L'écart entre le brut et le net mesure la perte déjà anticipée par l'établissement. Comparer deux établissements sur leur seul encours brut ignore cette différence de qualité.
Oumarou Sanda

À propos de l'auteur

Diplômé en économie et finances internationales, je suis convaincu que la microfinance est un fort levier de développement pour le continent africain s'il est bien maîtrisé. J'ai donc décidé de contribuer à sa vulgarisation.