Microfin Times
Métriques

Taux de défaut

Proportion des crédits qui ne sont pas remboursés comme prévu. Il mesure ce qui a déjà mal tourné, quand le PAR30 anticipe.

Le taux de défaut rapporte les crédits en défaut à l'ensemble des crédits accordés. Sa définition exacte varie d'un établissement à l'autre : certains comptent le nombre de dossiers, d'autres les montants, et le moment où un retard devient un défaut n'est pas universel.

Cette variabilité impose une précaution simple : ne jamais comparer deux taux de défaut sans savoir comment chacun est calculé. Un établissement affichant un taux plus faible peut simplement avoir une définition plus indulgente.

L'écart entre un comptage en nombre de dossiers et un comptage en montants n'est pas anodin. Un portefeuille où quelques gros crédits font défaut affichera un taux faible en nombre et élevé en montants : c'est la seconde lecture qui mesure l'exposition réelle.

Rapporté au crédit solidaire, l'indicateur mérite une lecture particulière : un défaut individuel y est souvent absorbé par le groupe avant d'apparaître dans les comptes, ce qui améliore le chiffre sans que le risque ait disparu.

Il faut également distinguer le défaut de la perte finale. Un crédit en défaut peut être partiellement recouvré, par la garantie ou par un plan d'apurement. Le taux de perte, qui mesure ce qui n'a jamais été récupéré, est toujours inférieur au taux de défaut, parfois nettement.

Pour l'emprunteur, la portée est directe : un défaut laisse une trace dans l'historique de l'établissement et pèse sur toute demande ultérieure. C'est un argument de plus pour solliciter une restructuration avant le premier impayé plutôt qu'après plusieurs.

En nombre ou en montants, deux vérités

  • Portefeuille de 100 crédits, encours total 50 000 000 FCFA.
  • Trois dossiers en défaut, dont deux petits crédits et un crédit de 4 000 000 FCFA.
  • Taux de défaut en nombre : 3 %.
  • Taux de défaut en montants : environ 9 %.

Le même portefeuille affiche 3 % ou 9 % selon la méthode retenue. Avant de comparer deux établissements, demandez toujours laquelle des deux est utilisée.

Comment ça se calcule

Taux de défaut = crédits en défaut / total des crédits, en nombre ou en montants

défaut
seuil de retard à partir duquel l'établissement considère le crédit compromis
assiette
nombre de dossiers, ou capitaux restant dus, selon la méthode
  • Aucune définition harmonisée n'existe : le seuil de retard et l'assiette relèvent de la politique interne de chaque établissement.
  • Le comptage en montants reflète l'exposition financière, le comptage en nombre reflète la fréquence des incidents.
  • Le taux de perte finale, après recouvrement et réalisation des garanties, est distinct et toujours plus bas.

Ce que dit la réglementation

Zone CEMAC · COBAC

Indicateur de gestion, non défini par un texte réglementaire unique. Sa méthode de calcul relève de la politique interne de chaque établissement, ce qui limite les comparaisons directes.

Zone UEMOA · BCEAO

Même constat : c'est un outil d'analyse, pas une norme prudentielle harmonisée.

Termes liés

Questions fréquentes

Peut-on comparer les taux de défaut de deux établissements de microfinance ?
Pas directement. Le seuil à partir duquel un retard devient un défaut, et le choix de compter en nombre de dossiers ou en montants, relèvent de chaque établissement. Deux chiffres apparemment comparables peuvent recouvrir des définitions très différentes. Demandez la méthode avant de tirer une conclusion.
Quelle différence entre taux de défaut et taux de perte ?
Le taux de défaut mesure les crédits qui ont cessé d'être remboursés comme prévu. Le taux de perte mesure ce qui n'a finalement jamais été récupéré, une fois le recouvrement mené et les garanties réalisées. Le second est toujours inférieur au premier, et c'est lui qui traduit le coût économique réel.
Un défaut de paiement reste-t-il inscrit quelque part ?
L'établissement conserve l'historique de vos incidents et s'en sert lors de toute demande ultérieure. Des systèmes centralisés de partage d'information sur le crédit se développent dans la région, ce qui étend la portée de cet historique au-delà d'un seul établissement. Régulariser tôt et obtenir une attestation de solde reste la meilleure protection.
Oumarou Sanda

À propos de l'auteur

Diplômé en économie et finances internationales, je suis convaincu que la microfinance est un fort levier de développement pour le continent africain s'il est bien maîtrisé. J'ai donc décidé de contribuer à sa vulgarisation.