Microfin Times
Métriques

Coût du risque

Charge comptabilisée pour couvrir les pertes probables sur les crédits. Il traduit en résultat financier ce que le PAR30 mesure en risque.

Quand un crédit se dégrade, la comptabilité ne se contente pas de l'attendre : elle constitue une provision, une charge qui anticipe la perte probable. Le coût du risque est le total de ces charges sur une période.

C'est le pont entre le risque et la rentabilité. Un établissement au portefeuille sain peut afficher un ROE flatteur ; si son coût du risque explose l'année suivante, c'est que le risque était sous-estimé, pas absent.

Une provision n'est pas une perte définitive. Elle peut être reprise si le crédit est finalement recouvré, ce qui vient alors améliorer le résultat. C'est pourquoi le coût du risque se lit net des reprises, et non comme une simple somme de dotations.

Un coût du risque anormalement bas mérite autant d'attention qu'un coût élevé : il peut signaler une prudence excessive, mais aussi un provisionnement insuffisant qui reporte la charge à plus tard.

Rapporté à l'encours moyen, il devient comparable d'un établissement à l'autre et d'un exercice au suivant. C'est sous cette forme, en pourcentage, qu'il révèle si le modèle de crédit absorbe son propre risque ou vit au-dessus de ses moyens.

Pour l'emprunteur, ce coût n'est pas neutre : il est intégré dans la tarification. Les taux pratiqués couvrent les charges d'exploitation, le coût des ressources et la perte attendue sur les crédits. Un portefeuille mal maîtrisé se paie en partie par ceux qui remboursent.

La rentabilité d'une année, la facture de la suivante

  • Exercice 1 : résultat net 45 000 000 FCFA, coût du risque limité à 5 000 000 FCFA.
  • Le portefeuille à risque progresse pourtant fortement sur la même période.
  • Exercice 2 : le coût du risque atteint 40 000 000 FCFA, le résultat s'effondre.

La bonne année 1 n'était pas une performance mais un provisionnement décalé. C'est en confrontant le coût du risque à l'évolution du PAR30 que l'on distingue une rentabilité réelle d'une charge simplement reportée.

Comment ça se calcule

Coût du risque = dotations aux provisions - reprises, rapporté à l'encours moyen

dotations
charges constituées sur la période pour couvrir les pertes probables
reprises
provisions annulées lorsque le crédit est finalement recouvré
encours moyen
encours de crédit moyen de la période, qui rend le ratio comparable
  • Exprimé en pourcentage de l'encours moyen, il se compare d'un exercice à l'autre et d'un établissement à l'autre.
  • Un coût du risque très bas alors que le PAR30 progresse traduit un provisionnement en retard sur la dégradation réelle.
  • Il fait partie des composantes que la tarification du crédit doit couvrir, au même titre que les charges d'exploitation.

Ce que dit la réglementation

Zone CEMAC · COBAC

Les règles de provisionnement relèvent du référentiel comptable et prudentiel applicable. Les modalités précises ne sont pas sourcées par la rédaction.

Zone UEMOA · BCEAO

Cadre non encore sourcé par la rédaction. Si vous disposez d'une référence officielle, signalez-la nous.

Termes liés

Questions fréquentes

Une provision équivaut-elle à une perte définitive ?
Non. La provision anticipe une perte jugée probable et pèse immédiatement sur le résultat, mais elle est reprise si le crédit est finalement recouvré, ce qui améliore alors le résultat de l'exercice concerné. C'est pourquoi le coût du risque se mesure net des reprises.
Un coût du risque faible est-il rassurant ?
Seulement s'il accompagne un portefeuille effectivement sain. S'il reste bas alors que le portefeuille à risque progresse, il traduit un provisionnement en retard sur la dégradation réelle, et la charge se reportera sur les exercices suivants. Les deux indicateurs se lisent ensemble.
Le coût du risque influence-t-il le taux qu'on me propose ?
Oui. La tarification d'un crédit doit couvrir les charges d'exploitation, le coût des ressources collectées et la perte attendue sur le portefeuille. Un établissement dont les impayés dérapent répercute mécaniquement cette charge sur ses taux, donc sur les emprunteurs qui, eux, remboursent.
Oumarou Sanda

À propos de l'auteur

Diplômé en économie et finances internationales, je suis convaincu que la microfinance est un fort levier de développement pour le continent africain s'il est bien maîtrisé. J'ai donc décidé de contribuer à sa vulgarisation.