Microfin Times
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Établissement de crédit à vocation générale, soumis à des exigences de capital et de contrôle nettement supérieures à celles d'un EMF.

La différence avec un établissement de microfinance ne tient pas au sérieux mais à l'échelle et au périmètre. Une banque gère des moyens de paiement, opère à l'international, finance de gros montants, et supporte des exigences prudentielles à la mesure de ces activités.

Cette structure de coûts explique pourquoi elle ne prête pas 50 000 FCFA. L'instruction, le suivi et les obligations réglementaires attachés à un dossier ne se justifient qu'au-delà d'un certain montant.

S'y ajoute une question de méthode. Une banque évalue un dossier sur pièces : bulletins de salaire, états financiers, historique bancaire. Un établissement de microfinance évalue sur le terrain, par la visite et la connaissance du client. Les deux approches ne s'adressent pas aux mêmes emprunteurs.

Les deux ne sont donc pas concurrents sur le même terrain. Beaucoup de foyers utilisent les deux : la banque pour le salaire et les virements, l'établissement de microfinance pour le crédit de proximité et l'épargne encadrée.

Le taux d'usure lui-même reconnaît cette différence de coûts : le plafond applicable aux établissements de microfinance est plus élevé que celui des banques. Ce n'est pas une tolérance mais la reconnaissance que traiter de petits montants avec une instruction de terrain coûte proportionnellement plus cher.

Le choix pratique se fait donc dossier par dossier, pas par principe. Un salarié avec des bulletins de paie obtiendra souvent de meilleures conditions en banque ; un commerçant sans comptabilité formelle n'y trouvera pas d'interlocuteur, quand un établissement de microfinance saura évaluer son activité.

Deux emprunteurs, deux guichets

  • Un salarié sollicite 2 000 000 FCFA, bulletins de paie et ancienneté à l'appui.
  • Une commerçante sollicite 300 000 FCFA, sans comptabilité formelle ni bulletin.

Le premier dossier entre dans les critères d'une banque, qui appliquera un taux plus bas. Le second n'y trouve pas d'interlocuteur, faute de pièces : c'est le terrain de la microfinance, dont l'instruction repose sur la visite plutôt que sur les documents.

Ce que dit la réglementation

Zone CEMAC · COBAC

Les banques relèvent du régime des établissements de crédit sous supervision de la COBAC, avec des exigences de fonds propres et de reporting supérieures à celles applicables aux établissements de microfinance.

Zone UEMOA · BCEAO

Cadre non encore sourcé par la rédaction. Si vous disposez d'une référence officielle, signalez-la nous.

Termes liés

Questions fréquentes

Pourquoi une banque refuse-t-elle les petits crédits ?
Parce que le coût d'instruction, de suivi et de conformité d'un dossier est peu variable selon le montant. Sur 50 000 FCFA, ces charges dépassent la marge attendue. Ce n'est pas un refus de principe envers la clientèle modeste, mais une conséquence de sa structure de coûts.
Le crédit est-il moins cher en banque qu'en microfinance ?
En taux, oui généralement, et le plafond légal de l'usure est d'ailleurs plus bas pour les banques. Encore faut-il y être éligible : sans bulletins de salaire ni comptabilité formelle, le dossier n'entre pas dans leurs critères. Le vrai choix se fait selon votre profil, pas selon le taux affiché.
Faut-il choisir entre une banque et un établissement de microfinance ?
Les deux répondent à des besoins distincts et se combinent souvent utilement : la banque pour la domiciliation du salaire, les virements et les moyens de paiement, l'établissement de microfinance pour le crédit de proximité et une épargne encadrée. Comparez chaque besoin séparément.
Oumarou Sanda

À propos de l'auteur

Diplômé en économie et finances internationales, je suis convaincu que la microfinance est un fort levier de développement pour le continent africain s'il est bien maîtrisé. J'ai donc décidé de contribuer à sa vulgarisation.