La réponse d'abord : le 9 juillet 2026, la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) a rejoint le PAPSS, le système panafricain de paiement et de règlement. À terme, cela doit permettre d'envoyer et de recevoir de l'argent entre le Cameroun (et les autres pays de la CEMAC) et le reste de l'Afrique plus vite, moins cher, et en monnaies locales - sans passer systématiquement par le dollar ou l'euro. Mais l'effet pour vous ne sera pas immédiat : le déploiement grand public est prévu jusqu'à la fin 2026.
C'est quoi, le PAPSS ?
Le PAPSS (Pan-African Payment and Settlement System) est une infrastructure qui relie les banques centrales, les banques commerciales et les fintechs du continent pour régler les paiements transfrontaliers directement en monnaies locales. Concrètement, un commerçant camerounais qui paie un fournisseur au Nigeria n'a plus besoin de convertir ses FCFA en dollars puis en nairas : le PAPSS gère le règlement entre banques centrales.
Le système a été lancé par la Banque africaine d'import-export (Afreximbank), en partenariat avec l'Union africaine et le secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Avec l'arrivée de la BEAC, le réseau couvre désormais 28 pays africains, 16 systèmes de paiement et plus de 190 banques et fintechs.
Ce que change l'adhésion de la BEAC
La BEAC est la banque centrale commune aux six pays de la CEMAC - Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad - soit un marché de plus de 72 millions d'habitants. En rejoignant le PAPSS, elle ouvre la porte à une connexion des paiements de la sous-région avec le reste du continent.
Selon Afreximbank, l'objectif est triple pour la zone CEMAC : réduire les coûts des règlements internationaux, accélérer les délais de paiement, et limiter le recours aux devises étrangères dans les échanges entre pays africains.
En quoi ça touche votre argent
Même si vous n'êtes ni banquier ni importateur, ce chantier vous concerne si vous :
- envoyez ou recevez de l'argent au sein de l'Afrique (diaspora, famille, études) ;
- achetez ou vendez des marchandises dans un autre pays africain (commerçants, « bayam-sellam » transfrontaliers) ;
- payez des frais de change élevés à chaque conversion FCFA → dollar → autre monnaie.
Si la promesse se concrétise, ces opérations pourraient devenir moins coûteuses et plus rapides. À plus long terme, la connexion des banques et des fintechs de la CEMAC pourrait aussi toucher l'écosystème du mobile money et des transferts, très utilisés au Cameroun.
Patience : ce n'est pas encore opérationnel pour le grand public
Attention à ne pas surinterpréter l'annonce. L'adhésion est une première étape institutionnelle, pas un service déjà disponible à votre agence. D'après l'Agence Ecofin, le PAPSS travaillera avec la BEAC jusqu'à la fin 2026 pour intégrer les institutions financières de la région et déployer le service aux entreprises et aux particuliers.
Autrement dit : les tarifs et la disponibilité réels dépendront des banques et des fintechs qui s'y connecteront, et des conditions qu'elles appliqueront. Rien ne change aujourd'hui sur vos frais de transfert - mais la direction est posée.
À retenir : la BEAC a rejoint le PAPSS le 9 juillet 2026, ouvrant la voie à des transferts intra-africains moins chers, plus rapides et en monnaies locales pour la CEMAC. L'effet concret arrivera avec le déploiement prévu d'ici fin 2026 : surveillez les offres de votre banque, de votre EMF ou de votre service de mobile money, et comparez toujours les frais avant d'envoyer de l'argent.
Publié le 11/07/2026. Sources :
- La BEAC rejoint la PAPSS pour faciliter les paiements entre la CEMAC et le reste de l'Afrique (Afreximbank)
- Les banques de la CEMAC rejoindront le PAPSS d'ici fin 2026 (Agence Ecofin)
- La BEAC rejoint le système PAPSS pour connecter la CEMAC aux paiements panafricains (Forbes Afrique)
Une question sur les transferts d'argent ou les frais bancaires ? Écrivez à la rédaction de Microfin Times.
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