Taux de rémunération
Taux auquel l'établissement rémunère votre épargne. C'est le pendant, côté déposant, du taux d'intérêt d'un crédit.
Le taux annoncé est presque toujours un taux brut et annuel. Trois choses le séparent de ce que vous percevrez réellement : les prélèvements éventuels, la durée effective du placement, et la base sur laquelle les intérêts sont calculés.
Cette dernière mérite attention. Certains produits rémunèrent le solde moyen de la période, d'autres le solde minimum constaté. Sur un compte qui bouge, l'écart entre les deux méthodes est loin d'être négligeable.
Il faut aussi distinguer le taux annuel de ce que rapporte une durée plus courte. Un taux annoncé à 5 % l'an appliqué à un placement de six mois ne rapporte pas 5 % mais la moitié : la confusion entre les deux est fréquente et systématiquement au détriment du déposant.
Les frais de tenue viennent ensuite se déduire du résultat. Le rendement qui compte est celui obtenu après frais, et sur de petits soldes il peut devenir négatif alors même que le taux affiché est positif.
Enfin, un taux ne se juge pas dans l'absolu mais face à l'érosion des prix. Une épargne rémunérée en dessous de l'inflation perd du pouvoir d'achat, même si le solde affiché augmente.
Un dernier repère de prudence : une rémunération nettement supérieure à ce que pratique le marché, sans explication tenant au produit ou à la durée, n'est pas une aubaine mais une question. Un rendement anormalement élevé rémunère toujours un risque, connu ou non du déposant.
Du taux affiché au gain réel
- Taux affiché : 5 % l'an. Somme placée : 200 000 FCFA sur 6 mois.
- Intérêts bruts sur la période : 5 000 FCFA, et non 10 000 FCFA.
- Frais de tenue sur la période : 3 000 FCFA.
Le gain net s'établit à 2 000 FCFA, soit un rendement effectif d'environ 1 % sur six mois. Le taux affiché n'est pas faux, il ne répond simplement pas à la question du déposant, qui est : combien vais-je avoir en plus, et quand.
Comment ça se calcule
Intérêts = capital x taux annuel x (nombre de mois / 12), diminués des frais
- capital
- somme réellement rémunérée, selon la base retenue par le produit
- taux annuel
- taux brut affiché, exprimé en année pleine
- durée
- nombre de mois pendant lesquels la somme reste placée
- frais
- tenue de compte et prélèvements applicables sur la période
- La base de calcul change tout : solde moyen de la période ou solde minimum constaté ne donnent pas le même capital rémunéré.
- Un taux annuel appliqué à une durée plus courte se proratise : six mois rapportent la moitié d'une année.
- Le rendement à comparer est celui obtenu après frais, seul chiffre qui dise ce que le placement ajoute réellement.
Ce que dit la réglementation
Zone CEMAC · COBAC
La rémunération des dépôts relève de la politique commerciale de chaque établissement. La rédaction n'a pas sourcé de taux plancher réglementaire applicable aux établissements de microfinance.
Zone UEMOA · BCEAO
Cadre non encore sourcé par la rédaction. Si vous disposez d'une référence officielle, signalez-la nous.
Termes liés
Questions fréquentes
- Comment calculer ce que mon épargne va réellement rapporter ?
- Appliquez le taux annuel au prorata de la durée réelle du placement, puis déduisez les frais de tenue de la période. Vérifiez aussi la base de calcul : solde moyen ou solde minimum constaté. Le chiffre qui compte est le gain net en francs, pas le pourcentage affiché en vitrine.
- Pourquoi mes intérêts sont-ils inférieurs au taux annoncé ?
- Trois causes se cumulent le plus souvent : le taux est annuel et votre placement a duré moins d'un an, la base retenue est le solde minimum et non le solde moyen, et des frais de tenue ont été prélevés sur la période. Demandez le détail du calcul, il doit pouvoir vous être expliqué ligne à ligne.
- Un taux de rémunération très élevé est-il une bonne affaire ?
- Un rendement nettement supérieur au marché, sans que la durée ou la nature du produit ne l'explique, rémunère un risque. Avant de placer, vérifiez la catégorie et l'agrément de l'établissement, son statut à jour, et ne concentrez jamais toute votre épargne sur une offre isolément généreuse.

À propos de l'auteur
Diplômé en économie et finances internationales, je suis convaincu que la microfinance est un fort levier de développement pour le continent africain s'il est bien maîtrisé. J'ai donc décidé de contribuer à sa vulgarisation.
