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Cameroun : 298,5 millions FCFA pour un institut de la microfinance

Le ministre des Finances Louis Paul Motaze a lancé le 15 septembre 2026 un appel d'offres international pour recruter le consultant qui créera l'institut professionnel de la microfinance du Cameroun. Le projet, d'un coût prévisionnel de 298 524 488 FCFA, est financé par un don de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) et doit durer 18 mois, selon EcoMatin et News du Cameroun. Les candidats ont jusqu'au 16 novembre 2026 pour remettre leur offre.

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Cameroun : 298,5 millions FCFA pour un institut de la microfinance

Le chantier ne sort pas de nulle part. Il fait suite à une manifestation d'intérêt lancée un an plus tôt par le ministère des Finances pour étudier la création d'une structure de formation dédiée aux acteurs de la microfinance. Le projet portait alors le nom d'Académie de la microfinance. Il s'appelle aujourd'hui institut professionnel, et son coût est désormais chiffré.

L'enjeu dépasse la seule formation. Le Cameroun est de loin le premier marché de la microfinance d'Afrique centrale, mais son secteur a perdu des établissements en huit ans et reste sous surveillance renforcée du régulateur régional. Former mieux les dirigeants et le personnel des établissements de microfinance (EMF) qui restent en activité est l'un des leviers que l'État a choisi d'actionner. Ce texte détaille le financement, le calendrier et les phases du projet, puis les chiffres du secteur qui expliquent pourquoi l'État agit maintenant.

Un chantier ouvert en 2025, chiffré en 2026

Le 19 septembre 2025, le ministère des Finances avait lancé un appel à manifestation d'intérêt pour recruter un consultant chargé de proposer un modèle de création d'une académie de la microfinance, selon EcoMatin. L'objectif affiché portait déjà sur l'amélioration des pratiques et le renforcement de l'efficacité des EMF.

Un an plus tard, le Cameroun passe à la phase opérationnelle, d'après EcoMatin. Le financement vient d'un don de la BADEA, tandis que l'État camerounais prend en charge les taxes. Le marché est ouvert aux cabinets africains, arabes et aux groupements arabo-africains, et sera attribué à l'offre présentant la meilleure combinaison technique et financière.

Comment le projet est structuré

Le consultant retenu disposera de 18 mois, répartis en deux phases égales de neuf mois, selon News du Cameroun.

La première phase couvre l'élaboration du plan de travail, l'évaluation des coûts, le programme de communication, la conception des unités et du programme de formation, et la préparation de la mise en œuvre de l'institut. La seconde, dite phase pilote, consiste à appliquer le modèle dans la pratique et à le réviser. Le consultant mesure alors les résultats, améliore l'approche et le plan de travail, puis établit le budget nécessaire à une mise en œuvre « optimale et effective » du projet.

📘 Pour comprendre : EMF

EMF signifie établissement de microfinance. C'est le terme utilisé au Cameroun et dans le reste de la zone CEMAC pour désigner les structures agréées qui collectent de l'épargne ou accordent du microcrédit, par opposition aux banques classiques. Concrètement : un EMF de 1re catégorie est une coopérative ou une mutuelle qui ne sert que ses membres. Un EMF de 2e catégorie est une société anonyme qui collecte l'épargne du public. Un EMF de 3e catégorie accorde du crédit sans collecter l'épargne. Tous sont supervisés par la Commission bancaire de l'Afrique centrale (COBAC). Pourquoi ça compte : ce sont les dirigeants et les équipes de ces établissements que l'institut professionnel doit former.

Pourquoi l'État agit-il maintenant ?

Le Cameroun est passé de 500 EMF en 2017 à 378 en 2023, selon EcoMatin, loin de l'objectif de 750 établissements fixé pour 2030 par la Stratégie nationale de développement. La liste officielle des établissements agréés au 31 décembre 2025 en compte 385, contre 390 au 31 décembre 2024, d'après Investir au Cameroun.

Les fragilités se lisent dans les chiffres de la COBAC. Elle a prononcé 70 retraits d'agrément d'EMF en 2024 dans la zone CEMAC, selon son rapport annuel relayé par Droit Médias Finance. Les créances en souffrance des EMF de la région atteignaient 178 milliards de FCFA, soit 12,6 % de l'encours de crédits, d'après les données de la COBAC rapportées par EcoMatin.

Le secteur reste pourtant un poids lourd. Les EMF camerounais ont distribué 659,4 milliards de FCFA de crédits en 2024, soit environ 41 milliards de plus en un an, et le pays pèse 57,6 % du crédit de microfinance de la sous-région, selon Investir au Cameroun. Il concentre 384 des 521 EMF de la CEMAC. C'est ce paradoxe, un secteur qui pèse lourd mais dont les établissements sont fragilisés, que l'institut professionnel doit adresser. Microfin Times suit l'évolution des deux grandes zones de microfinance d'Afrique francophone sur son baromètre CEMAC-UEMOA.

Les chiffres clés à retenir

IndicateurValeurDateSource
Coût prévisionnel de l'institut298 524 488 FCFA, financés par un don de la BADEAAppel d'offres du 15/09/2026News du Cameroun
Durée du projet18 mois (2 phases de 9 mois)Appel d'offres du 15/09/2026EcoMatin
Date limite des offres16 novembre 2026Appel d'offres du 15/09/2026EcoMatin
EMF agréés au Cameroun385 (contre 390 un an plus tôt)31/12/2025Investir au Cameroun
EMF agréés au Cameroun378 (contre 500 en 2017)2023EcoMatin
Crédits distribués par les EMF camerounais659,4 milliards FCFA (+41 milliards sur un an)2024Investir au Cameroun
Retraits d'agrément d'EMF dans la CEMAC702024Droit Médias Finance
Créances en souffrance des EMF de la CEMAC178 milliards FCFA (12,6 % de l'encours)Fin 2024EcoMatin

Questions fréquentes

L'institut professionnel de la microfinance a-t-il déjà commencé à fonctionner ?

Non. Le projet en est au stade de l'appel d'offres international pour recruter le consultant chargé de sa mise en œuvre, les offres étant attendues jusqu'au 16 novembre 2026, selon EcoMatin. La phase pilote n'interviendra qu'après les neuf premiers mois du projet.

Qui finance l'institut professionnel de la microfinance au Cameroun ?

Un don de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) finance le projet, dont le coût prévisionnel est de 298 524 488 FCFA. L'État camerounais prend en charge les taxes, selon EcoMatin.

Combien d'établissements de microfinance sont agréés au Cameroun ?

385 établissements au 31 décembre 2025, contre 390 un an plus tôt, selon Investir au Cameroun. Le Cameroun concentre 384 des 521 EMF agréés dans toute la zone CEMAC.

Quel lien entre ce projet et l'Académie de la microfinance annoncée en 2025 ?

Le projet d'institut professionnel prolonge l'initiative ouverte en septembre 2025 sous le nom d'Académie de la microfinance. Le Cameroun passe aujourd'hui à la phase opérationnelle, un an après les premières démarches, selon EcoMatin.

Oumarou Sanda

À propos de l'auteur

Diplômé en économie et finances internationales, je suis convaincu que la microfinance est un fort levier de développement pour le continent africain s'il est bien maîtrisé. J'ai donc décidé de contribuer à sa vulgarisation.

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