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Sénégal : 62,4 milliards FCFA de créances en souffrance dans les IMF

Au Sénégal, les créances en souffrance des institutions de microfinance (IMF) atteignent 62,4 milliards FCFA à fin mars 2026, en hausse de 22,2 % depuis fin 2025, selon SikaFinance. Elles représentent 7,1 % de l'encours de crédits, soit plus du double de la norme communautaire de 3 %.

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Sénégal : 62,4 milliards FCFA de créances en souffrance dans les IMF
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Les chiffres viennent du bulletin trimestriel du secteur financier, publié par la direction générale du secteur financier du ministère des Finances. Ils décrivent un secteur qui grossit vite : bilan de 1 101,4 milliards FCFA, crédits en hausse de 10,8 % sur un an, fonds propres en hausse de 21,5 %. Mais la qualité du portefeuille se dégrade après une amélioration en fin d'année. Pour les dirigeants d'IMF comme pour les épargnants, le ratio d'impayés est l'indicateur à suivre.

📘 Pour comprendre : créance en souffrance

Créance en souffrance - crédit dont les échéances ne sont pas payées dans les délais, au point que l'institution doute d'être remboursée. Concrètement : sur 100 FCFA prêtés par les IMF sénégalaises, 7,10 FCFA sont aujourd'hui en difficulté de recouvrement. Pourquoi ça compte : ces impayés obligent l'institution à constituer des provisions, ce qui entame ses résultats et ses fonds propres. La norme communautaire fixe le plafond à 3 % de l'encours.

Des impayés en hausse de 22,2 % en un trimestre

Les créances en souffrance s'élèvent à 62,4 milliards FCFA au 31 mars 2026. Elles pèsent 7,1 % de l'encours total de crédits, contre 6,0 % à fin 2025, d'après Le Soleil. À cette date, elles s'élevaient à 51,1 milliards FCFA, en baisse de 30,2 % par rapport au troisième trimestre 2025.

Le premier trimestre 2026 efface donc une partie de ce reflux. Les institutions devront intensifier leurs efforts de recouvrement pour ramener le ratio vers 3 %.

Fonds propres et emprunts : 257,8 milliards FCFA de capitaux propres

Les fonds propres des IMF passent de 230,6 milliards FCFA à fin 2025 à 257,8 milliards FCFA au 31 mars 2026. La progression atteint 11,8 % sur le trimestre. Sur un an, elle est de 45,6 milliards FCFA, soit 21,5 %.

Les emprunts des IMF s'établissent à 202,8 milliards FCFA, contre 198,2 milliards FCFA trois mois plus tôt (+2,3 %). En glissement annuel, ils gagnent 32,8 milliards FCFA, soit 19,3 %.

Nouveaux crédits : 227,3 milliards FCFA au premier trimestre

Les IMF ont accordé 227,3 milliards FCFA de nouveaux crédits entre janvier et mars. C'est 13,5 % de moins qu'au quatrième trimestre 2025. Ce recul est saisonnier : la fin d'année concentre les fêtes et une intensification des activités économiques, qui soutiennent la demande de financement.

Sur un an, la production de crédits progresse de 18,9 milliards FCFA, soit 9,1 % par rapport au premier trimestre 2025.

Un secteur de 1 101,4 milliards FCFA de bilan

Le total de bilan atteint 1 101,4 milliards FCFA fin mars 2026. Il progresse de 3,6 % sur un trimestre et de 3,3 % sur un an. Le contraste est net avec les banques : selon Dakar92, leur encours de crédits recule de 6,3 % sur le trimestre, à 8 057,9 milliards FCFA.

Le tableau ci-dessous reprend les principaux encours des IMF.

Indicateur (31 mars 2026)MontantÉvolution sur un trimestreÉvolution sur un anSource
Encours de crédits878,5 milliards FCFA+3,4 %+10,8 % (+85,8 milliards)SikaFinance
Encours de dépôts640,8 milliards FCFA+1 %+8,5 % (+50,4 milliards)SikaFinance
Créances en souffrance62,4 milliards FCFA+22,2 %n.d.SikaFinance
Fonds propres257,8 milliards FCFA+11,8 %+21,5 % (+45,6 milliards)SikaFinance

Combien d'institutions et de clients ?

Le Sénégal compte 130 IMF à fin mars 2026, contre 129 trois mois plus tôt. Le secteur s'organise autour de dix unions mutualistes, qui regroupent 169 institutions mutualistes d'épargne et de crédit affiliées. S'y ajoutent douze sociétés commerciales, deux associations et 106 institutions mutualistes non affiliées.

Les IMF totalisent 4 778 409 membres ou clients, soit +1,5 % sur le trimestre et +4,6 % sur un an. Elles s'appuient sur 1 017 points de service.

La finance islamique s'installe depuis 2021. Trois institutions s'y consacrent exclusivement : Taysir (2021), Al Rahma SA (2023) et Bouchra SA (2026). L'IMCEC Kawsara (depuis 2024) et Meczor (depuis 2025) disposent d'une branche islamique.

Que disent les chiffres du deuxième trimestre 2026 ?

Une note sur la microfinance au deuxième trimestre, rapportée par Le Soleil le 19 septembre 2026, prolonge la tendance. Le taux de crédits en souffrance se dégrade de 0,6 point, à 7,7 %. Les fonds propres reculent de 5,8 %, à 242,9 milliards FCFA.

Le nombre de membres et clients atteint 4 839 301, en hausse de 1,3 % sur le trimestre. L'encours de crédits s'établit à 887,4 milliards FCFA.

Questions fréquentes

Quel est le niveau des créances en souffrance des IMF au Sénégal ?

Elles atteignent 62,4 milliards FCFA à fin mars 2026, selon SikaFinance. Elles représentent 7,1 % de l'encours total de crédits des institutions de microfinance.

Quelle est la norme applicable aux créances en souffrance ?

La norme communautaire est fixée à 3 % de l'encours de crédits, selon Le Soleil. Le Sénégal est à 7,1 % fin mars 2026, puis à 7,7 % fin juin.

Combien d'institutions de microfinance compte le Sénégal ?

Le pays compte 130 IMF à fin mars 2026, d'après SikaFinance, dont dix unions mutualistes, douze sociétés commerciales et deux associations.

Oumarou Sanda

À propos de l'auteur

Diplômé en économie et finances internationales, je suis convaincu que la microfinance est un fort levier de développement pour le continent africain s'il est bien maîtrisé. J'ai donc décidé de contribuer à sa vulgarisation.

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